L’eau ne disparaît jamais, elle voyage.

On parle beaucoup d’eau cet an-ci. On parle de pénuries, de sécheresses, de retenues, d’irrigation, de centrales nucléaires, de conflits d’usage. Mais on parle rarement de ce qui devrait pourtant être le point de départ de toute réflexion : le cycle de l’eau.

Nous raisonnons souvent comme si l’eau disparaissait. Elle ne disparaît presque jamais.

Chaque année, la France métropolitaine reçoit environ 500 milliards de mètres cubes d’eau sous forme de pluie ou de neige. C’est un volume considérable. Sous l’action du soleil, une partie, 300 milliards, retourne naturellement dans l’atmosphère par évaporation des sols, des rivières et des océans, mais surtout par l’évapotranspiration des plantes. Une autre partie s’infiltre et recharge les nappes phréatiques. Le reste alimente les ruisseaux, … Lire la suite

Le dernier 14 Juillet d’Emmanuel Macron. Enfin !

Il y a des symboles qui valent davantage que de longs discours.

Ce 14 juillet 2026 est, sauf événement imprévu, le dernier d’Emmanuel Macron en tant que président de la République. Dans quelques mois, les Français choisiront celui ou celle qui lui succédera.

Et je dois l’avouer : cette perspective m’inspire moins de nostalgie que de soulagement.

Enfin. Enfin parce que dix ans, c’est long.

Dix années durant lesquelles beaucoup de Français ont eu le sentiment que le pouvoir politique s’effaçait peu à peu derrière une technocratie devenue omniprésente. Les ministres se succédaient comme les candidats de « Tournez manège ». Les Premiers ministres défilaient. Les doctrines changeaient. Les discours se contredisaient. Les majorités se recomposaient. À force, on ne … Lire la suite

David Lisnard ou le refus des faux choix

Il y a des entretiens qui ressemblent à une succession de réponses. Et puis il y a ceux qui révèlent une manière de penser. Celui que David Lisnard vient d’accorder à Technikart appartient à cette seconde catégorie.

À première vue, les sujets s’enchaînent sans rapport : le Festival de Cannes, la culture, l’école, l’industrie, l’immigration, la sécurité, les drogues… En réalité, il n’est question que d’une seule chose : comment gouverner une société devenue infiniment complexe.

La première qualité que lui prête le journaliste est d’ailleurs révélatrice. Il écrit que, chez David Lisnard, « le réel précède le phrasé ». Puis il ajoute qu’il est de ceux « qui administrent avant de pérorer » et « qui préfèrent les preuves Lire la suite

Cinquante ans après la loi de 1976 : le temps de l’évaluation.

La loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature est de celles-là. Elle a consacré un principe simple : certaines espèces, devenues rares ou menacées, méritaient une protection particulière. Cinquante ans plus tard, la tribune de Bertrand Alliot et Romain Lasseur publiée dans Le Figaro nous invite à nous interroger : cette politique n’a-t-elle pas, sur certains points, si bien réussi qu’il est temps d’en réévaluer les modalités ?

La question mérite d’être posée.

Car, à mes yeux, le problème n’est pas tant la loi de 1976. Le problème est ce que nous avons construit depuis cinquante ans.

Au fil des directives européennes, des lois, des décrets, des circulaires et des jurisprudences, nous avons progressivement changé … Lire la suite

Le rapport de l’Institut Thomas More : une aide au choix du prochain président de la République

Le plus grand enseignement de ce rapport est peut-être celui-ci : si cinquante décisions ont contribué au déclassement de la France, c’est que cinquante autres décisions peuvent engager son redressement. La démocratie n’est donc pas impuissante ; elle nous confie, à chaque élection, une part du destin national.

À moins d’un an de l’élection présidentielle, chacun s’interroge. Les candidats se déclarent, les sondages se succèdent, les promesses s’accumulent. Beaucoup de Français, pourtant, doutent encore. Ils ont parfois le sentiment que rien ne change vraiment, que les alternances se ressemblent, que leur bulletin de vote ne pèse plus sur le cours des choses.

C’est précisément pour cette raison que je recommande la lecture du dernier rapport de l’Institut Thomas More : … Lire la suite

Le temps des projets

Il est des élections où les Français choisissent une majorité. Et puis il est des élections où ils choisissent une direction. Je crois que l’élection présidentielle de 2027 appartient à cette seconde catégorie.

Depuis près d’un demi-siècle, notre pays alterne les majorités sans jamais vraiment changer de cap. Les gouvernements passent, les ministres se succèdent, les lois s’empilent, les administrations se multiplient. Chaque alternance promet un nouveau départ ; chacune ajoute finalement une couche supplémentaire à un édifice devenu si complexe que plus personne n’en possède véritablement le plan.

La France ressemble parfois à ces grandes demeures familiales que chaque génération a voulu améliorer. Ici, on a ouvert une porte. Là, on a ajouté une aile. Plus loin, on a … Lire la suite

Les forêts ne manquent jamais de glands. Mais elles manquent parfois de lumière.

Le vieux chêne avait dépassé les deux siècles. À cet âge-là, les arbres ne comptent plus les années. Ils comptent les tempêtes auxquelles ils ont survécu. Celui-ci en avait vu passer beaucoup. Les vents l’avaient courbé sans le rompre. Les sécheresses l’avaient éprouvé sans l’abattre. Il avait vu des générations d’écureuils naître et disparaître, des sentiers devenir des chemins puis redevenir des sentiers. Il était devenu une évidence. Personne ne se souvenait vraiment de son arrivée.

On savait bien qu’autrefois il avait été un gland. Mais cette vérité paraissait presque inconvenante. Les évidences n’ont pas d’enfance. Chaque automne, pourtant, il semait des milliers de descendants. Des glands, justement. Ils tombaient à ses pieds. Et là commençait leur attente. Car le … Lire la suite

Les ONG environnementales : un pouvoir sans contre-pouvoir ?

L’enquête publiée récemment par Le Point sur les méthodes de l’association Canopée mérite mieux qu’une polémique de quelques jours. Elle pose une question de fond sur l’évolution de certaines ONG environnementales. Selon l’hebdomadaire, des balises GPS acquises par l’association auraient été retrouvées sur des engins forestiers. L’enquête judiciaire ouverte après la découverte de l’une d’elles a été classée sans suite, faute d’avoir pu établir un lien avec des actes de dégradation.

Les faits ne constituent donc pas une condamnation. Ils interrogent néanmoins sur les méthodes employées. Car il ne s’agit plus seulement de sensibiliser l’opinion.

Depuis une vingtaine d’années, certaines ONG sont devenues de véritables acteurs politiques. Elles mènent des campagnes de communication sophistiquées, produisent des rapports, organisent des opérations … Lire la suite

L’humain, l’écologie et la politique [Livre]

À partir de nombreux exemples vécus comme élu local à tous les niveaux, loin de toute idéologie, Yves d’Amécourt vise à refonder la politique sur le bon sens, le possible et le souhaitable, en réconciliant les personnes, la nature et la société en vue du bien commun.

Réconcilier les personnes, la nature et la société en vue du bien commun

Tout commence par le sens. Le sens du travail, de la liberté responsable, de la justice, de la transmission, de la nature, de la patrie. La politique, avant d’être une gestion, est une vision. Elle est l’art de conduire les hommes vers le bien commun – cet horizon où chacun
trouve sa place sans perdre sa liberté.

C’est pourquoi ce … Lire la suite

Traverser la brèche

La grandeur d’une civilisation ne se mesure pas à la puissance qu’elle exerce sur la mort, mais à la fidélité avec laquelle elle demeure aux côtés de la vie, jusqu’à son dernier souffle.

Il est des débats politiques qui ne portent pas d’abord sur une loi, mais sur l’idée que nous nous faisons de l’homme. Le débat sur la fin de vie est de ceux-là.

Depuis le vote de l’Assemblée nationale ouvrant un droit à l’aide à mourir, je pense à une phrase de Xavier Bichat : « La vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort. » ¹

Cette définition est magnifique. Elle dit davantage qu’une vérité biologique. Vivre, ce n’est pas seulement respirer. C’est résister. Résister … Lire la suite

Père, mère et fille, tous trois pompiers volontaires, ont participé à leur première intervention ensemble à Sauveterre-de-Guyenne (Gironde).

C’est l’histoire d’une famille pas comme les autres, tous soucieux d’aider les autres dans la difficulté. Dans la petite bastide de Sauveterre-de-Guyenne (Gironde), Christopher, Lucie et leur fille Kellya sont tous trois sapeurs pompiers volontaires. Le 19 juin 2026, la petite famille a réalisé sa première intervention ensemble.

Lire l’article sur ACTU.FR

L’esprit de Bayeux contre l’impuissance française

Il est des discours qui commentent l’actualité. Il en est d’autres qui cherchent à éclairer l’avenir. Le discours prononcé par David Lisnard à Bayeux appartient incontestablement à cette seconde catégorie.

Dans une époque saturée de petites phrases, de réactions immédiates et de polémiques éphémères, il est rare qu’un responsable politique accepte de remonter à la source des problèmes. Plus rare encore qu’il ose parler d’institutions, sujet réputé austère, alors même qu’il conditionne tout le reste.

À Bayeux, il y a quatre-vingts ans, le général de Gaulle ne parlait pas de fiscalité, de sécurité, d’immigration ou de croissance. Il parlait de l’État. Il savait qu’aucune politique publique durable ne pouvait être menée sans institutions solides. David Lisnard a choisi de reprendre … Lire la suite

« La terre, premier capital de la nation » [La nouvelle revue politique]

Il est des mots que notre époque prononce avec gêne : propriété, capital, transmission. Comme s’ils étaient devenus suspects. Pourtant, en 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen place la propriété au cœur des droits naturels et imprescriptibles, aux côtés de la liberté, de la sûreté et de la résistance à l’oppression¹. Ce n’est pas un détail d’histoire. C’est une architecture politique. Sans propriété protégée, la liberté devient dépendance. Sans capital, l’économie devient fragile. Sans transmission, la nation s’épuise. Et c’est peut-être dans nos campagnes que cette vérité apparaît aujourd’hui avec le plus de netteté.

Publié le 15 juin 2026 sur la Nouvelle Revue Politique

Le capital est né dans les champs.

Le mot « capital » … Lire la suite

[ENTRETIEN] « Une partie de la crise écologique est une crise de la transmission »

Yves d’Amécourt présente son nouveau livre, une ode à la France.

Entretien publié le 14 juin 2026 par Boulevard Voltaire

Yves d’Amécourt, bien connu des lecteurs de BV, est vigneron et élu local en Gironde. Dans son dernier livre, L’Humain, l’Écologie et la Politique (aux Éditions du Bien commun), il met à profit son expérience pour proposer une réflexion politique et philosophique sur l’écologie, la transmission et la place de l’Homme dans la société. Entretien avec un homme d’action amoureux de la France.

Chloé Pineault. Vous attachez une grande importance à « la vérité du monde réel », qui est le titre d’une des parties de votre ouvrage. Quelle part de votre expérience d’élu de terrain avez-vous mise Lire la suite

Quand le pape rappelle aux politiques ce qu’ils ont oublié

Il est des discours qui passent presque inaperçus, et qui pourtant devraient être lus, médités, annotés, discutés. Le discours prononcé par le pape Léon XIV devant le Parlement espagnol est de ceux-là.

Dans une Europe fatiguée, inquiète, traversée par les colères, les peurs et les renoncements, le pape n’est pas venu donner une leçon de morale. Il est venu rappeler une évidence oubliée : la politique n’est pas seulement l’art de gouverner les choses. Elle est d’abord l’art de servir les hommes.

Et pour servir les hommes, encore faut-il savoir ce qu’est l’homme. Voilà, au fond, le cœur de son message.

Nos sociétés légifèrent beaucoup. Elles réglementent, encadrent, corrigent, compensent, interdisent, subventionnent. Elles produisent des normes comme d’autres produisaient jadis … Lire la suite

La loi de 1905 : une loi de liberté à préserver

La tribune publiée le 4 juin dernier dans La Croix par Mgr Vincent Jordy, archevêque de Tours et vice-président de la Conférence des évêques de France, mérite d’être lue attentivement. Elle pose une question essentielle : assistons-nous à un glissement progressif d’une laïcité de liberté vers un laïcisme de contrôle ?

La question est d’autant plus importante que la laïcité est devenue l’un des mots les plus utilisés -et parfois les plus déformés- du débat public français.

On l’invoque à propos de l’école, du sport, de l’habillement, des menus de cantine, des crèches de Noël, des processions religieuses ou encore de l’accompagnement spirituel des malades. Mais à force d’être invoquée à tout propos, la laïcité finit souvent par être … Lire la suite

Hommage à Sylvain Cauhapé, maire honoraire de Gornac.

Chers amis de Sylvain,
Chère famille,

Il est des hommes dont la vie ressemble à une terre bien cultivée. Une terre humble. Une terre fidèle. Une terre féconde. Une terre que l’on travaille sans bruit, sans réclamer ni les honneurs ni la lumière, mais qui finit, au soir de la vie, par porter de très beaux fruits. Sylvain Cauhapé était de ceux-là.

Je l’ai rencontré à la fin des années 1990, lorsque je m’occupais du RPR dans le canton de Sauveterre. Nous avons tout de suite sympathisé. Très vite, il m’a encouragé, soutenu, accompagné. Il était présent à toutes nos réunions, à tous les repas, à tous les moments importants.

Lors des élections cantonales de 2004, à la suite de Lire la suite

[TRIBUNE] Yves d’Amécourt : Réconcilier l’Homme avec l’écologie

TRIBUNE. Dans son livre L’humain, l’écologie et la politique, Yves d’Amécourt plaide pour une écologie de responsabilité, fondée sur la confiance, les territoires et l’initiative humaine, loin d’une logique jugée technocratique et punitive.

Il existe aujourd’hui un étrange paradoxe français. Jamais l’écologie n’a occupé une place aussi importante dans le débat public. Et jamais, dans le même temps, les Français n’ont eu le sentiment d’être aussi éloignés des décisions prises en leur nom. L’écologie devait réconcilier l’homme avec la nature ; elle est devenue un facteur supplémentaire de fracture entre les élites administratives et le pays réel. À force de réglementations, d’interdictions, de culpabilisation permanente et de technocratie, nous avons fini par transformer une belle idée – protéger la … Lire la suite

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