Cher Père Christophe,

Nous sommes réunis aujourd’hui autour de vous, paroissiens, élus, amis, pour fêter avec vous vos dix ans de sacerdoce.

Nous sommes nombreux aujourd’hui.

Nombreux car votre arrivée en 2007 à Sauveterre était pour ainsi dire inespérée… Lorsque nous avions appris le départ du Père Christian Naillou pour Lourdes les paroissiens inquiets avait fait une démarche auprès du Vicaire Général, le Père Gérard Faure. Le projet était un rapprochement de paroisse bien plus que la nomination d’un nouveau curé à Sauveterre. Aussi, lorsque la nouvelle de votre nomination a été officialisée par le Père Gérard Faure, tout le monde a-t-il été très heureux et très satisfait.

La transition avec le Père Naillou c’est passé de façon admirable, et, très vite vous avez pris la mesure de votre tâche : 22 paroisses et plus encore de clochers, des paroissiens heureux d’accueillir un jeune prêtre –vous êtes né en 1968, comme moi -, de nombreux baptêmes, communions, mariages, et sépultures. Deux maisons de retraites et une résidence pour personnes âgées à visiter, un collège, une multitude d’enfants repartis sur tout le territoire.

Votre voiture bleue, de loin, peut être prise pour une voiture de gendarmerie… Mais de près, elle attire le regard des gendarmes… Monsieur Chauvet a bien essayé de suggérer que vous en changiez, mais vous y êtes très attaché… Et puis quand elle tombe en panne, vous avez toujours des vêtements… sacerdotaux (ça sert d’auto)…

Cette voiture, toujours immatriculée dans le Poitou nous rappelle, que vous êtes de passage… Nous le sommes tous. Mais de temps en temps vous confiez à qui veut bien l’entendre que vous resterez à Sauveterre jusqu’à votre retraite ! Vous y êtes le bienvenu.

En quelques semaines, en 2007, vous avez fait la connaissance de très nombreux habitants de notre territoire. Le fait que vous portiez la soutane a surement aidé. C’est un peu comme si vous portiez votre carte de visite en bandoulière !

Au début, voyant que vous portiez la soutane, un certain nombre de paroissiens se sont demandé si vous n’étiez pas «intégriste» ou « traditionnaliste »… Mais vous les avez très vite rassurés : « on peut aimer la tradition, sans être traditionnaliste ».

Vous êtes présents à chaque fois que les familles ont besoin de vous, dans les moments les plus joyeux comme dans les plus douloureux. Vous êtes près à annuler une réunion fut-elle importante, pour accompagner une famille dans le deuil.

Vous siégez au CCAS, et vous gérez, avec la commune, la chambre de passage où nous accueillons les SDF, les voyageurs de passage, les rares pèlerins de Compostelle qui s’écartent un peu de la route de Vézelay et passe par Sauveterre.

Vous avez créé à Sauveterre, avec votre équipe, une antenne du secours Catholique qui vient compléter l’action sociale de la commune en proposant un lieu de parole et d’échange, et des vêtements, pour petits et grands.

Vous avez engagé des travaux dans le Presbytère qui est mis à votre disposition par la commune. Les services municipaux ont réalisé des travaux et vous en avez réalisé d’autres. L’ensemble a été embelli et nous vous remercions du soin que vous apportez ainsi à l’entretien du patrimoine commun. J’en profite pour remercier celles que le Père Naillou appelait « les filles » et qui vous aident chaque jour dans l’entretien du jardin du Presbytère qui est l’un des plus beaux jardin de la bastide.

Alors mon Père, cela fait trois ans que vous êtes avec nous, et nous avons l’impression, en fêtant vos dix ans de sacerdoce, que vous êtes avec nous depuis bien plus longtemps ! Originaire du Poitou, d’une famille rurale, vous avez été Curé à Melle, puis à Talence… Vous voilà à Sauveterre.

Je crois pouvoir dire que notre territoire a besoin de vous, oserai-je dire aussi que vous avez besoin de nous ?

Tous ensemble, en tout cas, que l’on soit laïc ou religieux, avec chacun notre charisme, chacun notre regard sur le monde et sur les hommes, nous pouvons faire en sorte que l’on prenne soin du plus petit, que l’on ne laisse pas à l’écart celui qui souffre, que l’on permette à chacun de faire fructifier ses talents et que l’on fasse vivre la fraternité qu’elle soit républicaine ou chrétienne !

Ensemble, à condition de ne pas se perdre dans des querelles futiles, à condition de privilégier le fond à la forme, à condition de transcender les clivages de toute sorte que nous propose nos contemporains. Ensemble, mon père, nous pouvons rendre le monde meilleur! Ensemble nous pouvons devenir meilleurs !

Et puisque depuis 1905, l’église et l’état sont séparés, pour le plus grand bien des deux, que vivent l’un et l’autre !

Vive notre grande Paroisse, vivent nos communes, vive la République !