La première fois, ce fut en décembre 2004 en pleine crise viticole, alors que, jeune élu, je venais de reprocher au Conseil Général de ne consacrer à la viticulture que 1,8 M€, soit l’équivalent de 3 rond-points*. Philippe Madrelle m’avait répondu –à ma très grande surprise- : « On comparera quand vous voudrez avec d’autres départements ; il ne faut pas raconter n’importe quoi. L’ancien régime c’est fini, Monsieur le Vicomte ! » (sic !)**

En 2004, si j’avais été plus aguerri, j’aurai répondu à Philippe Madrelle : « Monsieur le Président, l’ancien régime, c’est vous ! »

Il y eu ensuite les petites phrases chuchotées en commission permanente, « s’il continue comme ça on va le raccourcir, comme en 1789 ! », les allusions sur les blogs.

Je porte ce nom, depuis ma tendre enfance et j’ai énormément de respect pour ceux qui l’ont porté avant moi, énorménent d'amour pour ceux qui le porteront après moi. Je l'ai donné à mon épouse. Alors je ne laisse jamais ce genre d’allusion sans réponse. Le plus souvent je prends ma plume et j’écris, comme je le fais aujourd’hui.

J’écris, car, comme je l’ai dit, je refuse le délit de patronyme, le délit d’origine, tout autant que le délit de faciès. Certains noms de famille portent en eux une part d’histoire, une parcelle de culture, une confession, un lieu… Ce n’est pas une raison pour juger celui qui le porte.

Et puis, nous avons tous le devoir de raconter l’histoire, sans la caricaturer. Ainsi, au sein de l’assemblée constituante, il y avait des aristocrates qui étaient représentant du tiers-état (voir ci dessus le Comte de Mirabeau, représentant du tiers-état), et s’opposaient à la noblesse. Les représentants de la noblesse ne portaient pas tous un nom à particule.

Enfin parce qu’on peut porter un nom à rallonge, ou un titre nobiliaire, aujourd’hui, et descendre d’authentiques révolutionnaires ! Tel est le cas notamment de certains représentants de la noblesse d’Empire !

Il me semble, que si l’on transposait l’ambiance de l’Assemblée Constituante, aujourd’hui, les rapports ne seraient pas ceux que décrit Sud-Ouest.

Il y aurait d’un coté, la noblesse de robe emmenée par l’indétrônable Philippe Madrelle, Seigneur de la Gironde depuis 1976, qui menace ses barons en leur disant « si le Roi réforme notre féodalité, les territoires vont être redessinés et il n’y aura plus de place pour vous ici. Nos terres vont se confondre avec celles du Duc d’Aquitaine et nos pouvoirs vont être dissous dans les siens! Il convient de refuser la réforme !»…

Il y aurait de l’autre le tiers-état qui dénonce ces pratiques, et qui analyse que derrière cette rébellion, il y a tout simplement une volonté du Seigneur de la Gironde d’être maintenu dans ses privilèges et de faire tomber le Roi de son trône : « Associations, Maires, citoyens, ne croyez pas le Seigneur de séant, ni son Ministre de la Feuille, les finances sont bien là, mais on souhaite vous en priver, pour faire monter la rébellion ! »

Il y aurait enfin le Clergé, absent, et il vallait mieux. Comme cela il n’aura pas entendu la mauvaise blague d’Yves Lecaudey à propos de Saint Martin…

Lundi dernier, le débat avait plutôt des allures de corrida ! Mais le taureau, c’était moi! Certains observateurs ce sont même demandé pourquoi je restais dans l’arène…

Je ne prends pas de plaisir à ces jeux de massacre. L’hémicycle du Conseil Général est devenu un lieu où le débat est impossible, la contradiction interdite.

Ambiance de corrida, ou d’assemblée constituante, ils n’auront pas mes oreilles, ni même ma tête ! Ils ne m’enlèveront pas ma liberté de penser et de défendre ce à quoi je crois.

(*) Un rond point au Barp, sur la route des lasers, avait été financé à hauteur de 600k€
(**)Registre des délibérations du Conseil Général 20 et 21 décembre 2004 - page 383.